Côté Cave – Septembre 2020

Les vendanges ont commencé jeudi 3 septembre avec  une avance d’environ 1 semaine par rapport à l’année dernière. Comme chaque année juste avant les vendanges nous vivons toujours à la fois l’excitation de recueillir le fruit d’une année de travail et le stress qu’un caillou se mette dans les rouages…du style un épisode grêleux qui, comme en 2009,  a détruit 70 % de la récolte à une semaine de la cueillette. 

Ce dérèglement climatique est perceptible, et on observe d’année en année que  les épisodes grêleux se multiplient en printemps et en été : en 10 ans, les épisodes de grêle ont augmenté de 350%. Au printemps le fond de notre vallée (Pourcieux) a été touché et en début d’été, plusieurs viticulteurs, notamment situés dans l’Hérault, ont perdu entre 50 et 75% de leur production.

Les conséquences sur la vigne sont effectivement désastreuses : les baies, si elles ne sont pas projetées au sol,  sont éclatées par les glaçons, le raisin se vide de son jus et sèche. Sur les moins touchés il peut même se développer du botrytis, champignon responsable de la pourriture grise qui dégrade la qualité de la vendange.

Des systèmes anti-grêle sont développés depuis plusieurs dizaine d’années avec des « canons », mais depuis peu une start-up basée à Rousset développe un système innovant : SKYDETECT.  Ainsi nous accueillons depuis l’an dernier (pour le compte de la société Selerys), sur le toit de Terre de Mistral, une antenne radar munie d’un logiciel d’analyse des cellules orageuses et d’une base de données, qui dans sa rotation peut détecter sur 80 kilomètres de diamètre, les particules atmosphériques potentiellement responsables d’un orage dangereux. Les adhérents de l’application qui en découle seront ainsi prévenus par sms d’un risque d’orage environ  une heure avant l’événement. 

L’interface permet de suivre l’évolution des cellules orageuses “à risque” en temps réel.

Enfin, le système donne l’alerte pour un lancé de ballons d’hélium équipés de sels hygroscopiques agglomérant les gouttes d’eau dans la cellule orageuse pour les faire précipiter avant qu’elles ne montent en altitude (poussées par les courants ascendants) et qui finissent par geler formant la grêle. Cet équipement non polluant est fabriqué par la société Selerys et ce transporte dans une valise pour se positionner au bon endroit. Une fois que les ballons  lancés atteignent les 600 m d’altitude, la poche de sel  éclate et libère ce produit, qui comme expliqué ci-dessus fait  précipiter la grêle en eau avant la formation de glace.

Pour que ce système  fonctionne il faut qu’une vaste zone soit couverte. Les vignerons de notre vallée doivent donc mutualiser  l’outil en s’équipant de « valises » et en s’abonnant à l’application tout en créant des groupes coordonnés. Malheureusement ce n’est pas encore le cas… mais les choses avancent !

Serge

Côté Cave – Février 2020

Nous sommes en période de conditionnement des nouveaux millésimes, c’est-à-dire de mise en bouteille puis en carton de nos vins.
La première étape est le rinçage à l’eau de la bouteille puis l’injection d’azote. Cette étape est très importante puisque, vous le savez peut être, l’oxygène est notre plus grand ennemi… L’azote étant plus lourd que l’air, il pousse l’oxygène de la bouteille vers le goulot et vient former une couche protectrice au-dessus de la surface du vin.
C’est un gaz neutre et totalement inodore, peu soluble dans les corps gras et dans l’eau. Nous l’utilisons à plusieurs moments de vinification ainsi que pour l’inertage des cuves.
Mais pourquoi devons nous protéger le vin de l’oxygène ? Tout simplement pour éviter l’oxydation qui accélère le vieillissement et l’altération des arômes et de la couleur du vin et conserver ainsi toutes les qualités organoleptiques.
Une fois que la bouteille est remplie de vin, nous posons le bouchon, la capsule, l’étiquette et la contre étiquette. Les bouteilles sont ensuite posées dans les cartons que nous scotchons puis déposons sur les palettes.
Lorsque tout se passe bien nous pouvons ainsi embouteiller jusqu’à 2000 bouteilles par heure.
Les nouveaux millésimes arrivent donc petit à petit en boutique. Cette année, nous avons retravaillé les étiquettes en apposant la « vague » rose de notre logo. Qu’en pensez-vous ?