Echo du Domaine, septembre 2016 – Côté Cave

COTE CAVE copie

La récolte 2015 avait battu un record de précocité ! Et à 2-3 jours près, la 2016 est en train de l’égaler avec en plus un deuxième record : celle de la sècheresse, puisqu’il n’y a quasiment pas plu cet hiver et au printemps et que nous n’avons pas eu d’eau depuis 3 mois. Du coup nous battons un troisième record : celui du plus grand nombre d’arrosages.

A bien y réfléchir, nous avons trouvé une explication : c’était une année olympique !

A la veille de cette nouvelle récolte les estimations du ministère de l’agriculture ne sont pas très optimistes avec une baisse de récolte nationale prévue à -10%. Les explications sont multiples : gel de printemps dans de nombreuses régions (y compris chez nous), de la grêle un peu partout et une sècheresse sévère sur tout le pourtour méditerranéen.

C’est toujours une course contre la montre pour préparer la réception des premiers raisins aussi tôt (début septembre) ; en effet il faut finir les conditionnements des vins pour passer les deux prochains mois (statistiques) car il est impossible de le faire pendant la récolte ; il faut nettoyer minutieusement toute la cuverie et le matériel, faire la vérification du fonctionnement des machines et peaufiner les derniers aménagements programmés. Sans compter l’anxiété liée à la phase la plus délicate de l’année qu’est la vinification … bref vous pouvez interroger notre entourage, il ne faut pas nous parler beaucoup ces temps-ci !!

Allez, je retourne à nos préparatifs en vous souhaitant une bonne rentrée (pour ceux qui ont eu la chance de prendre des congés !)

A bientôt à Terre de Mistral,
Serge

Echo du Domaine, août 2016 – Côté Cave

COTE CAVE copie

Chers amis bonjour !
Je ne vous ai pas parlé de sujet technique depuis plusieurs numéros, il est peu être temps de s’y remettre …
Je suis sûr que vous avez constaté en circulant que certaines parcelles de vignes sont très jaune.
Ce phénomène apparaît souvent au début du mois de juillet et surtout les années très sèches et chaudes dont 2016 fait partie. Cette « jaunisse » est causée par une carence ferrique : nos sols sont très calcaires et chargés en électricité positive (Ca ++) ; d’autre part, la disponibilité en fer ( qui est, lui, chargé électriquement négatif (Fe –)). est très faible. Du coup, quand l’humidité de la terre diminue fortement, la charge positive du calcaire bloque comme un aimant la charge négative du fer, l’empêchant d’être absorbé par la plante.
Ainsi la vigne subit une double peine : elle manque d’eau (on la voit se crisper, puis des feuilles commencent à se dessécher) et le fer, Oglio élément indispensable à la photosynthèse, n’est plus disponible; les feuilles commencent à jaunir tout en gardant les nervures vertes puis par manque de chlorophylle, finissent par « griller » si rien n’est fait.
Justement, que faire ?
L’exercice est difficile et onéreux : soit ce sont des parcelles régulièrement atteintes et il est possible d’apporter, en fin d’hiver, du fer au sol mais le coup de revient est d’environ 300 €/Ha… soit il est possible de pulvériser du fer sur les feuilles dès les premiers symptômes en répétant l’opération 3 à 4 fois à dix jours d’intervalle. Le coût est moindre, mais l’efficacité aléatoire et la contrainte des passages est fastidieuse.
Bref une problématique dont nous nous passerions bien !
Vous pouvez d’ailleurs constater cette carence sur d’autres végétaux : la glycine y est très sensible, le tilleul peut le marquer également…
A très vite
Serge

L’écho du Domaine, juin 2016 – Côté Cave

Vignoble - Copie

Côté cave

Chers lecteurs bonjour,

Si vous êtes comme moi, vous attendez avec impatience que la chaleur arrive enfin pour profiter de la fraicheur de nos rosés (avec modération bien sûr) ! En attendant nous travaillons ardemment pour la future récolte.

En cette période nous « désagatons “. Comment ? Ha oui, c’est un terme provençal que beaucoup de paysans utilisent pour dire ébourgeonner ou épamprer.

En effet, la vigne, surtout sur les dix premières années, fait repartir des pousses sur le tronc ; ces « gourmands » ou « pampres » ou bien-sur « sagates » consomment de la vigueur au détriment des poussent portant les raisins, nous devons donc les éliminer et pour cela plusieurs méthodes s’offrent à nous :

· A l’ancienne, tout simplement en passant pied par pied et en glissant la main sur le tronc (avec un bon gant bien sûr). Cette méthode est la plus saine mais elle est très gourmande en main d’œuvre et le soir on a mal a l’esquine; pardon : au dos.

· Des machines existent ; ce sont des lanières en rotation entrainées par l’hydraulique du tracteur qui viennent brosser le pied ; la vitesse d’exécution est correcte et le respect environnemental est assuré, mais le principe pose problème sur les vignes palissées car à cette époque les fils de fer releveurs sont encore au sol en attente d’être remontés pour soutenir la végétation. Le risque de les enrouler autour des brosses est important.

· Des produits phytosanitaires appliqués au niveau du tronc à l’aide d’un tunnel qui enjambe la rangée de vigne, bloquent la photosynthèse et font l’équivalent d’un chalumeau. Cette méthode est rapide et efficace mais moyenne pour le respect de l’environnement.

· Enfin il est possible, sur le même principe, de provoquer des brulures à l’aide d’une installation au gaz ; dans ce cas une bombonne de gaz est portée par le tracteur et alimente des bruleurs. Cette méthode est peu utilisée car son coût est élevé et de plus le bilan Carbonne très mauvais.

Chez nous, c’est un panaché des trois premières méthodes.

Je vous souhaite à tous un joli mois de juin !

L’écho du Domaine, mai 2016 – Côté Cave

gel_sur_bourgeon

Chers lecteurs,
Dans le vignoble nous sommes tristes et inquiets.
En effet, le 29 avril un point d’air froid s’est crée dans le bas du territoire et particulièrement le long de l’Arc où l’humidité de la rivière a dû jouer le rôle d’aspirateur.
La température y est descendue aux alentours de moins un degré et comme il n’y avait pas d’air, de la glace s’est formée sur les jeunes feuilles et surtout sur les jeunes grappes.
Sur certaines parcelles, les pousses ont été endommagées à 100 % ; c’est le cas pour nos Sangioveses donnant naissance à notre cuvée « Pauline » et une partie de nos Muscats entrant dans l’assemblage « Mireille ». Au total nous déplorons une perte d’environ 7 Hectares.
La nature étant bien faite, des bourgeons lattants vont repartir pour permettre à la vigne de faire son cycle végétatif, malheureusement ces pousses ne portent généralement pas de grappes. Pour favoriser cette repousse de manière plus puissante, nous avons mobilisé toute l’équipe technique (7 personnes) pour retailler les parcelles concernées et nous espérons de ce fait récupérer une petite récolte de 20 % ; mais rien n’est garanti…
Par chance, contrairement au dernier épisode de gel du printemps 1991, aucun coteau n’a été touché ; sans nouvelle catastrophe et si les conditions à venir sont favorables, nous pouvons espérer une récolte globale de 80 %, mais ça fait beaucoup de « si »…
C’est toute la difficulté du métier de paysan : nous subissons les contraintes d’un commerce et de l’industrie liée à la conjoncture économique, mais nous avons en plus les contraintes climatiques.
Celle-ci sont assurables (et assurées pour Terre de Mistral). Mais les aides de l’assureur ne débutent qu’après un sinistre de 25 %, ce qui garantie la pérennité de l’exploitation agricole en cas de véritable catastrophe de l’ampleur de 1991 où 70% de la récolte avait été perdu. Ce qui n’est heureusement pas le cas cette année.
Autre élément d’inquiétude : la sècheresse intense que nous subissons ; mais pour cela nous pouvons agir, car le vignoble est quasiment tout irrigable au goutte a goutte et nous allons commencer à intervenir.
Pour oublier un peu cette situation anxiogène, nous nous disons que le vrai printemps a l’air d’enfin arrivé et surtout vous êtes nombreux à nous faire le plaisir de nous rendre visite !!!