Echo du Domaine, juin 2017 – Côté Cave

Chers fidèles lecteurs,

Voici quelques infos en provenance du vignoble de Terre de Mistral :

La météo de fin avril nous a mis le moral en berne. En effet, le 29 avril les températures sont descendues autour de 0°C et une bande longeant l’Arc a subit une humidité assez importante par manque d’air et, malgré le fait que nous soyons passé en toute petite température négative, les vignes n’ont pas résisté au gel. Pour la deuxième année consécutive (jour pour jour) nous avons subi des pertes conséquentes et même encore plus importante cette année car 11 Ha d’IGP ont été touché à 90% contre 6 l’an passé à 70%. Dur métier que celui de paysan …

Par chance l’ensemble des coteaux n’a eu aucun dégât et nous espérons que les 40 Ha d’AOP iront jusqu’à la vendange sans dommages.

Ceci dit, sans que cela nous rassure, toutes les régions françaises ont subit de gros dégâts : du Languedoc au Bordelais  en passant par le Val de Loire, Bourgogne, Alsace et Champagne.

Nos voisins aussi sont sinistrés : en Espagne dans la Rioja, en Italie en Toscane et en Bulgarie les gelées ont été sévères.

Bref, notre vieille Europe aura surement le moral en berne pendant les prochaines vendanges … à suivre.

Si l’on oubli cette galère et que nous positivons, la floraison bat son plein dans notre vignoble, et avec la superbe météo de ces jours ci, nous espérerons une bonne pollinisation. Nous serons fixés dans quelques jours !

Nous pouvons également profiter des superbes vins rosés que nous conditionnons quasiment toutes les semaines car Rosalie, Mireille, Simone et autres sont de toute évidence très appréciées !!!

Et puis il y a tous les superbes événements  que notre équipe prépare pour vous, alors profitons misérablement de l’été qui commence.

Echo du Domaine, mai 2017 – Côté Cave

Chers amis,

Merci d’être venus si nombreux (près de 250) pour la découverte de nos cuvées 2016.

Vous avez pu le voir, le millésime 2016 est un millésime de caractère, et ces particularités sont le fruit de la météo et des conditions culturales de l’année :

Les premiers bourgeons ont éclaté aux alentours du 10 avril, il a été tardif cette année puisqu’il a eu lieu 1 semaine plus tard qu’en 2015.

La région a souffert d’un manque d’eau : sécheresse persistante pendant tout le printemps. L’abondance d’eau dans la terre est nécessaire pour le débourrement, il a donc fallu irriguer quelques parcelles.

Le gel tardif du 29 avril nous a fait perdre 5ha d’IGP. Plus sensibles au froid depuis le débourrement, les jeunes pousses ne lui ont pas résisté. En effet, pendant la période de dormance les vignes peuvent résister à des températures allant jusqu’à – 20°C mais une fois les bourgeons sortis, ils ne tolèrent pas des températures inférieures à 0°C.

Les vignes n’ont quasiment pas subi de pression de maladie et sont restées en bonne santé. La chaleur a fait très plaisir aux vignes ! Mais le manque de pluie nous a obligé à irriguer pour éviter un stress hydrique trop important.

Côté vendanges, nous avons commencé la récolte le 3 septembre (ce qui est assez tôt !) car le cycle végétatif s’est raccourci : la chaleur estivale a entrainé une maturité des raisins rapide : les premières grappes étaient prêtes plus tôt pour la cueillette (comme en 2015).  Cette avance végétative a imposé une cadence élevée et il a fallu mettre les bouchées doubles ! Nous avons fait seulement 3 petites semaines de cueillette contre 4 semaines en général.

Au final, bonne surprise, les parcelles gelées ont un peu produit et les autres ont très bien produit : Elles ont battu un record en produisant 2 800 hl – Soit 10% de plus qu’en 2015 !

L’acidité est plus élevée que l’année passée ce qui apporte plus de fraîcheur au vin.

Nous avons effectué une macération des jus sur bourbes à 2°C pendant 3 semaines. Les bourbes contiennent des peaux de raisins, riches en arômes, cela permet donc d’en avoir le maximum.

Fermentation facile car pas de carences en oligoéléments dans les jus. En plus le taux de sucre était élevé donc les levures étaient très contentes puisque c’est de cela qu’elles se nourrissent pour produire l’alcool.

Pour conclure : Cette nouvelle année nous donne des vins 2016 expressifs et frais avec des familles aromatiques très distinctes, des couleurs franches et de belles longueurs.

Un millésime qu’on aimerait avoir souvent !

N’hésitez pas à venir ou revenir le découvrir,

Serge

Echo du Domaine, mars 2017 – Côté Cave

 

Chers amis,

Tout d’abord je tiens à vous remercier pour l’attention que vous avez porté à notre récent courriel d’alerte pollution: les signatures de la pétition en ligne montent en flèche.

Pour revenir à nos fondamentaux d’information sur la vigne, le vin et l’olivier je vais vous parler « bouchage ».

En ouvrant une jolie bouteille de vin (Rosalie par exemple !!) on entend un joli « pop » et l’on passe aussitôt à  l’étape suivante : servir les verres des convives, sans imaginer un seul instant tout l’impact du bouchon sur le vin ; si ce n’est « le classique goût de bouchon ».

S’il est en liège naturel, la porosité  du bouchon va laisser passer de petites doses d’oxygène qui feront évoluer le vin; en fonction de la densité du liège cet échange sera plus ou moins important et va donc déterminer la durée de vie du vin.

Un vin rouge élevé en barrique verra ses tanins s’adoucir, les arômes de fruits continueront à se compoter et se fondre avec ceux du bois apportant un équilibre harmonieux ; mais il faut que cette respiration soit lente, il faut donc du liège très dense.

Un vin rouge gouleyant acceptera un bouchage plus « respirant » lui évitant de se « fermer » et dériver vers des arômes de champignon mais, attention, il faudra le boire assez vite sous peine de le voir se « madériser ».

Un vin rosé ou blanc très fruité ne supportera pas la prise d’oxygène qui viendra détruire ce type d’arômes. On choisira donc un bouchon très hermétique : soit du liège émietté et décompacté (débarrassé au passage de la molécule responsable du « goût de bouchon »). Soit un bouchon synthétique, très efficace mais qui peu susciter  des questions écologiques. Soit une capsule à vis, certainement  le plus efficace, très utilisée dans les pays du nouveau monde (Amérique – Australie …) mais culturellement très mal perçue dans notre pays …

Il faut être également attentif à ne pas laisser sécher un bouchon en liège naturel et donc conserver les bouteilles à plat. Pourquoi ? Car en séchant le liège perd de son élasticité ; du coup il va laisser passer de l’oxygène entre le verre et le bouchon avec des doses importantes et non maîtrisées.

Cette mémoire de forme mécanique concerne également les bouchons reconstitués ou synthétiques de part la conception du fabricant. Le vigneron doit donc soigneusement sélectionner son fournisseur. L’impact est tout de même  moins important puisqu’en général ce bouchage  s’adresse à des vins consommés rapidement.

Chez nous, à Terre de Mistral, à la création du domaine nous avons opté pour du liège naturel, mais la première année a été catastrophique en « goût de bouchon »; probablement n’avions nous pas sélectionné un bon fournisseur…de ce fait nous sommes passés en bouchons synthétiques de grande qualité les années suivantes. Mais, devant les interrogations environnementales, depuis trois ans nous posons des bouchons en liège reconstitué, sauf pour nos cuvées de rouge élevées en barriques (Sergio et Nadia)  où nous utilisons du liège brut.

 

Serge