Echo du Domaine, janvier 2019 – Côté cave

Chers amis,

En ce début 2019,  permettez moi de vous souhaiter tous mes vœux pour cette nouvelle année, et comme on dit dans notre belle Provence : « A l’an qué ven, si sian pas maï que sian pas men» (À l’année prochaine, que si nous ne sommes pas plus, nous ne soyons pas moins).

C’est un peu  aussi le moment des rétrospectives avant de se projeter dans le futur, et je me rends compte que je n’ai pas parlé de l’historique viti-vinicole 2018.

Ce fût compliqué au printemps …  avec des pluies incessantes qui ont favorisé l’apparition du champignon « mildiou ». C’est vraiment le fait marquant de cette saison ; de mémoire d’homme, rarement la virulence de ce parasite n’a été aussi forte.

Nous avons donc passé de longues heures à combattre ce ravageur qui est arrivé à détruire une grosse partie de la récolte des moins vigilants.

Du coup, alors que la récolte nationale est à un niveau élevé (puisqu’il n’a plu que dans le Sud : trouvez l’erreur !!), l’Arc Méditerranéen et particulièrement la Provence, a un volume de récolte très moyen.

Chez nous à Terre de Mistral, nous nous en sortons bien avec un très beau niveau de récolte ; le travail a payé, ce qui n’est pas toujours  le cas dans l’agriculture …

Les températures ayant été dans la moyenne, les raisins ont mûri tranquillement pour un départ de vendange le 10 septembre soit 11 jours plus tard qu’en 2017. Sur cette période, la nature a enfin été gentille avec nous car il n’est pas tombé une seule goutte d’eau pendant les 5 semaines de cueillette et nous avons donc eu une qualité de raisin exceptionnelle.

Les fermentations se sont bien déroulées et à l’heure de ces lignes, tous les vins sont propres et assemblés. Nous découvrons une très large palette aromatique allant du fruit rouge aux agrumes sur les rosés ; beaucoup de fruits exotiques et de fruits blancs sur les vins blancs, et des rouges qui s’annoncent exceptionnels ! Mais pour ces derniers, il faudra patienter encore deux ans.

J’aurai l’occasion de rentrer un peu plus dans les détails lors de la soirée « présentation du millésime » du printemps, que nous comptons organiser le vendredi 26 avril (nous vous en reparlerons).

Cette pression « mildiou » nous fait prendre conscience de l’intérêt des cépages dit « résistants » aux maladies ; qu’es acò ?

Depuis des années, l’INRA et les multiplicateurs de plants du monde entier recherchent des plants de vignes résistants au mildiou et à l’oïdium.

Dans les années 60 ces cépages existaient, mais comme ils ne sont pas de la famille vitis viniféra, le vin qu’on produisait était imbuvable (ou presque). Du coup, ces plantations ont été interdites.

Il a fallu des années de croisement naturel (par la fleur et le fruit) pour obtenir de nouveaux cépages offrant un bon rendu organoleptique. Ensuite il a fallut s’assurer que les champignons ne contournaient pas dans la durée, les gènes à l’origine de la résistance.

Et c’est il y a 2 ans que l’Etat français en a autorisé certains. Pour l’instant, « seulement trois » car il en existe des dizaines, les pays les plus avancés étant l’Allemagne et l’Italie.

Des plantations existent même depuis une dizaine d’année en Allemagne.

On peut sûrement déplorer un excès de prudence de la part de nos autorités (ou alors y a-t-il des enjeux financiers ?) pour le retard qui est pris sur la mise en place de ces nouveaux cépages.

Grace à eux,  on ne traite plus du tout la vigne contre le mildiou et l’oïdium ;  à l’heure où les consommateurs que nous sommes cherchons à manger plus sain c’est loin d’être négligeable.

Par contre, comme ce ne sont pas des variétés vitis-vinifera leurs utilisations restent pour le moment interdites en AOP.

J’ai récemment dégusté certaines de ces nouvelles variétés, pas encore autorisées en France, et je peux vous assurer que dès qu’elles le seront, nous  démarrerons quelques plantions en IGP. Mais pour goûter les vins de celles-ci il faut pouvoir se projeter à cinq ou six ans…c’est un peu long la viticulture !!!

Allez, portez vous bien et à bientôt !

Serge

Echo du Domaine, décembre 2018 – Côté cave

Côté cave

La fin d’année est là, nous finalisons les assemblages de nos cuvées (nous vous en dirons bientôt un peu plus sur les profils aromatiques)  avant de pouvoir commencer les mises en bouteille en début d’année.

D’ailleurs, savez-vous pourquoi les bouteilles de vin font 75cl ?

Le vin doit le volume de ses bouteilles (75 cl)  aux Anglais.

Les vignerons français ont en effet choisi cette contenance à partir du XIXe siècle, parce qu’ils faisaient traditionnellement commerce avec eux. Nos voisins britanniques n’ont jamais eu le même système de mesure que nous : ils utilisent le gallon, qui représente 4,54609 litres.

Pour faciliter la conversion, les vignerons ont alors conçu des tonneaux d’environ 225 litres, soit l’équivalent de cinquante gallons, qui permettait de remplir exactement 300 bouteilles de 75 cl.  On avait donc : 1 barrique = 50 gallons = 300 bouteilles. Donc un gallon valait 6 bouteilles, c’est d’ailleurs pourquoi, aujourd’hui encore, les caisses de vin sont la plupart du temps vendues par 6 ou 12 bouteilles.

L’usage des bouteilles de 75cl  s’est ensuite rapidement généralisé pour toutes les exportations de vin mais aussi pour les ventes en France.

Echo du Domaine, novembre 2018 – Côté cave

Les vendanges 2018

Chers amis bonjour,

En ce début novembre, l’équipe de la cave et du vignoble peut commencer à souffler et faire un premier bilan des vendanges :

Les conditions météorologiques, éléments majeurs pour tous les paysans, ont rudoyé le vignoble et nos nerfs jusqu’à  mi aout, avec  deux épisodes pluvieux à cette date qui ont eu pour conséquence de faire apparaitre quelques foyers de pourriture sur des raisins encore verts.

Début septembre, alors que nous attendions des vendanges précoces, les sucres montaient très lentement et notre moral était au plus bas…

Nous avons finalement démarré la cueillette le 10 septembre (ce qui fait de 2018 un millésime dans la moyenne décennale)  et surtout sous un soleil radieux sans aucune humidité matinale. Ces conditions météorologiques ont asséché les quelques traces de pourriture.

Jour après jour, nous avons retrouvé le sourire car les raisins étaient magnifiques, la maturité arrivait lentement, ce qui nous a permis de suivre les parcelles au fur et à mesure de leur potentiel maximum, pas une goutte d’eau pendant 4 semaines et pas de panne de matériel.

Au final, nous avons récolté environ  500 tonnes de raisin, ce qui représente un volume dans le haut de notre potentiel, et la puissance aromatique que nous observons en cette fin de fermentation confirme la qualité des raisins que nous avons cueillis.

Sur les 46 cuves de moûts remplies, 38 sont à ce jour finies en vin avec la première mise au propre effectuée.

La prochaine étape ?  La filtration de tous les « rosés » et leur assemblage pour donner naissance à nos cuvées.

Je vous dis donc à très bientôt

Serge