Echo du Domaine, septembre 2018 – Côté cave

Si vous avez visité notre Domaine, vous avez dû remarquer que nous sommes équipés en goutte à goutte et vous êtes nombreux à demander si l’irrigation est autorisée…

Effectivement, l’irrigation des vignes a longtemps été interdite (jusqu’en 2006). La vigne étant considérée comme  une plante ayant de faibles besoins en eau, si l’on souhaitait obtenir une bonne qualité de raisin les conditions climatiques naturelles permettaient de subvenir à ses besoins. L’irrigation des vignes est souvent perçue comme une façon d’obtenir de gros rendements, de faibles degrés d’alcool, et des vins de mauvaise qualité (dilués). Face au réchauffement climatique les vignes sont de plus en plus confrontées à de fréquents épisodes de sécheresse. Il a été prouvé qu’un stress hydrique trop important altère la qualité du raisin et met en péril la pérennité de la vigne. En effet,  pour assurer sa survie par manque d’eau,  la vigne cesse d’alimenter les raisins et entraîne un blocage de maturité parfois irréversible. La qualité des arômes est altérée par la dégradation de l’acidité malique et tartrique due à la chaleur. De plus, la plante reprend dans les raisins le jus qu’elle  a stocké en début d’été pour survivre (à l’image d’un chameau !), du coup les rendements sont très affectés. Si la période de sècheresse est très longue comme en 2017, le manque d’eau est tel que les feuilles tombent précocement, ne laissant pas à la vigne le temps de faire des réserves de celluloses pour passer l’hiver. Le printemps suivant, le redémarrage de végétation est laborieux. Utilisée à bon escient et bien raisonnée, l’irrigation est donc un outil qui devient indispensable; et la mise en œuvre par  goutte à goutte nous permet une grande précision tout en économisant de l’eau. En  2006, le décret n° 2006-1527 stipule ses conditions de mise en œuvre :

L’irrigation est désormais autorisée mais strictement interdite du 15 août jusqu’à la récolte (pour les parcelles en production). En effet, au-delà de la véraison, l’irrigation aurait un impact sur le grossissement des baies et leur dilution serait trop importante. Concernant notre AOP Côtes de Provence, le cahier des charges interdit l’irrigation sauf sous dérogation lors d’années particulièrement sèches (comme en 2017).

 

Echo du Domaine, août 2018 – Côté cave

Ce mois ci nous parlerons d’un sujet pour lequel nous avons beaucoup de questions pendant vos visites chez nous : le sulfite et son utilité.

Le sulfite dans le vin n’est autre qu’un dérivé du soufre, une molécule naturelle.
Des sulfites sont régulièrement produits par les levures pendant la fermentation des vins blancs et rosés, mais ils se combinent avec l’oxygène et l’éthanal (forme oxydée de l’éthanol). Sous leur formes combinées les sulfites n’ont plus d’utilité (ils sont éteints) il est donc nécessaire d’en rajouter pour protéger le vin.
Le dioxyde de soufre a de nombreux attributs en tant que conservateur :
C’est un antioxydant qui ralentit la vitesse d’oxydation du vin et préserve ainsi les arômes et la couleur.
C’est aussi un antibactérien, il empêche donc le développement des bactéries dont celles qui consomment l’alcool pour le transformer en vinaigre …
On en parle beaucoup dans le vin mais il existe aussi de nombreuses applications dans d’autres aliments où ils sont également utilisés en tant que conservateurs. C’est d’ailleurs dans les fruits secs qu’on le retrouve le plus fréquemment.
Est-ce dangereux pour la santé ?
Dans le cas ou le vin contient un taux élevé de sulfite il peut être la cause de maux de tête mais la raison de ces céphalées est surtout due à l’alcool, qui en plus vous déshydrate.
A Terre de Mistral, nous faisons tout pour travailler en utilisant le minimum de sulfites :
Protection des transferts de mouts et du vin et remplissage des bouteilles par injection d’azote (gaz neutre présent a 80 % dans l’atmosphère) pour éviter l’oxydation.
Emploi d’acide ascorbique (vitamine C) qui remplace en partie l’effet anti oxydant du SO2 (soufre).
La quantité totale de sulfite dans nos vins est inférieure à la dose maximale autorisée en bio (limité à 150 mg/L) puisque nous sommes généralement entre 90 mg/L et 120 mg/l pour nos rosés et blancs.

Echo du Domaine, juin 2018 – Côté Cave

C’est toujours assez la course côté cave et côté vignoble… pour ne pas changer !

En cave, ce sont les mises en bouteille qui continuent, les commandes de nos clients et importateurs sont de plus en plus nombreuses pour préparer l’été.

Côté vignoble, c’est la période de l’ébourgeonnage et de la plantation de nouveaux plants clonés.

Des plants clonés ??? Et oui, lorsque l’on plante des vignes, nous choisissons l’origine familiale du végétal par l’intermédiaire de son «clone».

Un plan cloné est une vigne composée d’un cépage préalablement sélectionné (inscrit au catalogue Entav) et qui a été greffé à des racines qui ont la faculté d’être résistantes à un vers destructeur de vigne appelé le phylloxéra (racines américaines). Pour réaliser cette greffe, une incision est effectuée sur la souche “porte-greffe” (vigne d’origine américaine appelé Fercal CL 242). Ensuite, on y insère le greffon d’un cépage choisi (ici Merlot 343) dont on connaît les caractéristiques et qui remplit des critères en terme sanitaire (résistant à certaines maladies et virus), œnologique (qui s’assemble facilement à d’autre cépages), de rendement et d’arômes. Grâce à la sève qui va passer d’une branche à une l’autre, le végétal va guérir et on obtient alors une vigne résistante au vers ravageur (grâce à la souche américaine) et avec les fruits aux caractéristiques souhaitées.